Vélodrome
À la fin du 19e siècle, le bouillant Félix HECK (*1874), fils du célèbre hôtelier-restaurateur et père-fondateur du tourisme luxembourgeois, Alexis HECK (*1830, +1908), fabriquait des liqueurs à Diekirch. Au Lorenzwues, sur la rive gauche de la Sûre à la sortie de Diekirch, il avait imaginé et aménagé un vélodrome baptisé « Vélodrome de la Sûre ». Il fut inauguré le 15 juillet 1894. En juillet 1895, une association vélocipédiste belge, le Rapid Club de Bruxelles organisa une course cycliste partant de Namur pour rallier Diekirch où elle se termina au vélodrome du Lorenzwues. Malheureusement, la durée de vie de la première installation de ce genre au pays ne dépassa guère quelques années.
1er Hippodrome
A l’aube du 20e siècle, les boyaux de bicyclettes cédèrent le pas aux sabots de quadrupèdes: Un champ de courses hippiques – qui n’était d’ailleurs pas vraiment fait pour durer d’avantage – fut aménagé au même Lorenzwues, en amont du dépôt des machines (Lokschuppen) du Benni, ligne ferroviaire à voie métrique circulant entre Diekirch et Vianden de 1889 à 1948.
2e Hippodrome
À côté du parcours intra-muros réservé au trot attelé (1948-1949), la Ville de Diekirch disposait d’un champ de courses extra-muros qui accueillait des courses hippiques de toute discipline (galop, trot attelé, steeple-chase). Les premières courses de chevaux se disputaient au Lorenzwues sur la route d’Ettelbruck (±1900-1922). Au début des années vingt, un nouvel hippodrome fut aménagé au lieu-dit an der Sank sur la rive droite de la Sûre, à l’endroit de l’actuel Camping municipal (1922-1940).
3e Hippodrome
En 1950 il fut transféré de l’autre côté de la route de Gilsdorf (1950 -1956), au sud de l’ancienne voie ferrée dont la rue MERTEN épouse actuellement le tracé. Le circuit ovale avec ses deux longues lignes droites au nord et au sud, était bordé de solides clôtures blanches. Les écuries, des constructions en bois brut passées au lait de chaux, s’intercalaient entre la route de Larochette et le circuit. De vastes et hautes tribunes couvertes, exécutées dans le même style rustique et équipées de plusieurs rangées de gradins, se trouvaient entre la longue ligne droite méridionale et le talus escarpé du lieu-dit Kréiwenkel, là où, depuis 1969, chaque année en février, des athlètes venu(e)s des quatre coins du globe peinent à gravir la pente raide du circuit de l’Eurocross. Toutes les installations de l’hippodrome furent rasées au début des années soixante en vue de la construction du complexe sportif de la rue MERTEN et des forages d’eau potable préalables. Du passé turfiste de la Ville de Diekirch ne subsiste à nos jours que la seule dénomination Päerdsrennen que les autochtones réservent volontiers aux terrains sportifs de la rue MERTEN.
Circuit urbain
Les Courses Hippiques Internationales du 24 juillet 1949 furent organisées par la municipalité de Diekirch sous le haut patronage du gouvernement grand-ducal. Les courses se faisaient au trot attelé: le driver est assis sur un sulky, sorte de charrette à deux roues ultra-légère tractée par un cheval de course avançant au trot, avec interdiction formelle de passer au galop, la mise à la faute entrainant la disqualification automatique et immédiate de l’attelage. Y participaient 38 chevaux dont 12 français, 10 belges, 5 néerlandais et 11 luxembourgeois. Les chevaux luxembourgeois engagés appartenaient à Ph. POORTERS (2) de Troisvierges, J. HECK de Bissen, J. WEISTROFFER de Kockelscheuer, A. SINNER de Krauthem, H. KNAFF de Medernach, C. HEFFENISCH de Hoscheid, J. DONDLINGER de Garnich, J. LOMMEL de Differdange, au Dr. REIFFER de Bascharge et à M. BINSFELD d’Erpeldange. Le circuit urbain de 1.700 mètres les menait du parvis de l’église décanale, par l’Esplanade, la rue Alexis HECK, la rue du Pont, la rue de la Croix, la rue du Tilleul et la rue du Palais vers le point d’arrivée à hauteur de la rue Jean l’Aveugle. Pour le « Grand Prix de la Ville de Diekirch » doté de 20.000 francs, il fallait parcourir une distance de 10.000 mètres. La chaussée était recouverte de sable afin de protéger les sabots des coursiers.
Références:
SVQ 035 Courses hippiques sur circuit urbain
SVQ 044 Vélodrome de la Sûre au Lorenzwues
SVQ 099 Passé turfiste
Ern Breuskin
publié par la Ville de Diekirch
en allemand, 224 pages, plus de 150 photos, annonces et affiches
Le livre raconte l'histoire des courses hippiques organisées à Diekirch entre 1895 et 1956 et qui attiraient régulièrement des milliers de spectateurs dans la ville sur la Sûre. Les courses de trot à travers les rues de la ville dans les années 1948 et 1949 sont entrées dans l'histoire des courses comme une attraction particulière, sur laquelle une riche documentation photographique a pu être rassemblée.
En dehors de ce parcours routier, il existait à Diekirch 3 hippodromes différents, dont celui aménagé en 1928 par le « Cercle Hippique et Sportif » à la route de Larochette, qui est devenu le plus grand et le plus beau hippodrome du pays.
Cette étude, qui explique de manière claire combien on investissait à l'époque à Diekirch pour le sport hippique, met en lumière un aspect presque oublié de l'histoire locale de Diekirch aux multiples facettes, mais s'adresse également à tous les amateurs du sport hippique.
Le livre est disponible au prix de 25 €.